L’évolution du rôle du responsable de la protection de la vie privée à l’ère de l’innovation et de l’intelligence artificielle
Le 21 octobre 2025, le bureau de Montréal d’Osler, Hoskin & Harcourt S.E.N.C.R.L./s.r.l. a accueilli la 2e Conférence annuelle sur la protection de la vie privée, organisée par le groupe Respect de la vie privée et gestion de l’information. Cette demi-journée, suivie d’un lunch de réseautage, a réuni des experts de l’industrie et des juristes d’entreprise pour explorer les enjeux actuels : mise en œuvre des amendements proposés par la Loi 25, tendances récentes en litige, gouvernance de l’intelligence artificielle (IA), technologies émergentes et cybersécurité.
L’un des temps forts fut le panel regroupant des conseillers juridiques en entreprise sur l’évolution de leur rôle et les risques émergents en matière de protection de la vie privée, animé par Éloïse Gratton, associée et cochef du groupe national Respect de la vie privée et gestion de l’information d’Osler. Trois intervenants d’envergure y ont partagé leur expérience :
- Anthony Hémond, avocat – Conseil principal, Protection de la vie privée, Air Canada
- Jasmine Adhami, directrice principale, Affaires juridiques et responsable de la vie privée, Dollarama
- Selina Sforza, directrice, Opérations juridiques, Alimentation Couche-Tard
Leur échange a mis en lumière un constat partagé : le conseiller juridique en matière de protection des renseignements personnels (responsable PRP) moderne est devenu un acteur stratégique au carrefour du droit, de la technologie et de la gouvernance d’entreprise.
De la conformité à la stratégie : un rôle en pleine transformation
Tous les panélistes ont souligné que le rôle du responsable PRP a profondément évolué. Longtemps perçue comme une fonction de conformité isolée, la protection de la vie privée est désormais un vecteur de gouvernance et d’innovation.
Pour Selina, cette évolution se traduit au quotidien par une collaboration beaucoup plus étroite avec les équipes d’innovation : « Nous travaillons directement avec les équipes de développement et d’innovation pour intégrer la vie privée dès la conception des produits. C’est encore une fonction de conformité, mais surtout un levier d’innovation responsable. »
Cette mutation exige aussi une approche plus agile face aux changements législatifs. Jasmine a rappelé que « le décalage entre les nouvelles lois et les orientations des régulateurs peut atteindre plusieurs mois ou même des années », obligeant les organisations à ajuster leur stratégie en cours de mise en œuvre. Pour elle, le rôle du responsable PRP repose donc sur la capacité d’adaptation et la compréhension du risque : « On doit naviguer dans l’incertitude sans perdre de vue la cohérence de notre programme. »
Anthony a insisté sur la dimension technologique de la fonction : « Le responsable de la vie privée doit désormais maîtriser la cybersécurité, la gouvernance des données et, de plus en plus, l’IA. C’est un rôle hybride, à la fois juridique et technologique. »
Ces témoignages illustrent une transformation profonde : le responsable PRP n’est plus seulement un gardien de conformité, mais un partenaire d’affaires qui aide l’organisation à innover de manière responsable.
Vous pouvez consulter notre article qui résume les échanges, lequel est disponible sur le site d’Osler.
This content has been updated on November 28, 2025 at 12 h 19 min.